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Mise en scène et Jeu de l'acteur
Entretiens, Tome III
Voix de femmes

 

Mónica Viñao (Argentine) : La force de l’entraînement

Née en Argentine en 1948, Mónica Viñao s’intéresse, dans un premier temps, au dessin, à la peinture et à la sculpture. C’est pourquoi elle fréquente l’atelier de l’artiste María Luisa Manassero avant de passer un an à l’Accademia di Belle Arti de Rome. De retour en Argentine, son intérêt pour le théâtre se manifeste d’abord du côté des costumes et elle poursuit ses études en scénographie à la Escuela de las Artes del Teatro de l’Université de Salvador. En 1984, alors qu’elle étudie à la St. Martin’s School of Arts de l’University of the Arts de Londres, elle choisit de s’orienter vers la mise en scène après avoir assisté à un spectacle de Tadashi Suzuki. S’appuyant sur la méthode d’entraînement créée par Suzuki, Mónica Viñao fonde le groupe Equipo El Ángel.

Ayant une formation en arts plastiques, Mónica Viñao s’intéresse particulièrement à l’aspect visuel du théâtre, qu’elle envisage comme un tout. Elle monte d’abord Savage/Love, de Joe Chaikin et Sam Shepard, dans sa propre traduction, en 1987, au Teatro El Hangar de Buenos Aires. En 1989, elle signe la mise en scène de La Mujer del Abanico, adaptation de la pièce de Yukio Mishima, Hanjo, version moderne de théâtre Nô. Invitée au Japan Performing Arts Center par Tadashi Suzuki, elle monte Carmen (1991), dans la version théâtrale de Susana Gutiérrez Posse, d’après l’opéra de Bizet, en intégrant des acteurs de différentes nationalités. Elle participe au Festival international de Toga où elle présente La Mujer del Abanico (1990) et son adaptation de Hombre de la esquina rosada, de Jorge Luis Borges (1994).

Mónica Viñao monte son premier texte dramatique en 1991, La Dama de la Noche, produit par l’Equipo El Ángel. Elle touche aussi au répertoire classique en mettant en scène Hamleth (1991), adaptation inspirée de la pièce de Shakespeare et de Hamlet-Machine, de Heiner Müller ; Medea (1992), création basée sur l’oeuvre d’Euripide et sur le texte Médée-Matériau, de Heiner Müller et Fragmentos de Troya (1997), adaptation des Troyennes d’Euripide, présentée au Teatro Nacional Cervantes. Elle monte Sotoba Komachi, de Mishima (1993), présenté par l’Equipo El Ángel, et elle signe le texte et la mise en scène de Des/ENLACE, présenté en 1997 au Festival international de Buenos Aires et en 1998, au Centro Cultural Recoleta de Buenos Aires.

Sensible à la poésie et aux images, Mónica Viñao trouve en certains auteurs contemporains matière à évocation scénique. Elle monte notamment Geometría, de Javier Daulte, dont la première ouvre les Theatre Olympics, à Shizuoka, au Japon (1999), La Cuarta pared, adaptation théâtrale de deux contes d’Abelardo Castillo, présentée au Teatro Del Sur (2000), et El mal de la paloma, d’Omar Aita, au Centro Cultural Recoleta, puis repris au Teatro Del Abasto (2001 et 2002). Le texte a d’ailleurs été mis en nomination pour le prix Trinidad Guevara (2001). En 2002,

Mónica Viñao signe la mise en scène de Ya no está de moda tener ilusiones, d’Ariel Barchilón, et Bajo el mar, de Susana Gutiérrez Posse et Victor Winer, au Teatro Nacional Cervantes. Elle signe également le texte et la chorégraphie de Ninguna Imagen, variations dansées sur l’hymne national argentin exécutées par le Ballet de l’Instituto Universitario Nacional del Arte (IUNA) et présentées au Centro Cultural Rojas, au Teatro Alvear, au Centre expérimental du Teatro Colón et au Teatro Nacional Cervantes. Mónica Viñao affectionne particulièrement l’œuvre de Ricardo Monti. Elle monte d’abord Asunción en 1996 et Finlandia en 2000, présenté au Teatro Presidente Alvear Ciclo Teatrísimo, puis repris en 2001 et 2002 à la Trastienda. Ce spectacle remporte le prix Proyecto Teatral 2001, remis par l’Asociación Argentina de Actores, et est mis en nomination par l’Asociación de Cronistas del Espectáculo (ACE) pour la mise en scène, le jeu, la musique et le texte. En 2003, elle monte No te soltaré hasta que me bendigas, de Ricardo Monti, au Teatro Nacional Cervantes, et met en scène l’un des monologues de l’auteur s’inscrivant dans un spectacle collectif intitulé Yo Manifiesto. Ce spectacle ouvre la quatrième édition du Festival international de Buenos Aires, avant d’être présenté, à l’occasion d’une tournée en 2004, au Festival Iberoamericano de Teatro de Cádiz, en Espagne, au Festival Fronteras de Londres et au Oxford Playhouse, au Royaume-Uni.

En 1993, récompensée par le Teatro Nacional Cervantes, le ministère des Affaires culturelles d’Espagne et l’Institut de Coopération ibéroaméricain, Mónica Viñao remporte le prix María Guerrero comme meilleur metteur en scène, de même que le prix de la meilleure mise en scène décerné par l’Asociación de Cronistas del Espectáculo (ACE), de Buenos Aires. Au cours de sa carrière, elle enseigne à la Escuela Municipal de Arte Dramático, au Teatro Nacional Cervantes, au Teatro San Martín, à l’Instituto Universitario Nacional del Arte (IUNA) et à La Scala Federación Argentina de la Voz. Elle anime des ateliers au Camarín de las Musas, en Argentine.

En 2004, Mónica Viñao écrit la pièce De todas las noches, qui reçoit une mention au concours Nexo. La pièce est présentée sous sa direction à Buenos Aires, de septembre 2004 à mars 2005. En 2005, Mónica Viñao travaille à la mise en scène de sa propre version de La dame au petit chien, courte nouvelle de Tchekhov, dont la première a eu lieu en novembre, à Buenos Aires

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Décembre 2007