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La culture contre l'art Théâtralité, écriture et mise en scène Theater in France, ten years of research  

Mise en scène et Jeu de l'acteur
Entretiens, Tome III
Voix de femmes

Claudia Stavisky (France) : L’intelligence des processus humains

Née en 1956 à Buenos Aires, qu’elle quitte en 1974 pour aller étudier en France, au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, dans la classe d’Antoine Vitez, Claudia Stavisky poursuit d’abord une carrière de comédienne au cours de laquelle elle joue notamment sous la direction d’Antoine Vitez, Peter Brook, Stuart Seide, Bruce Myers, Jérôme Savary…

Entre 1976 et 1983, elle anime plusieurs ateliers d’alphabétisation pour adultes, par le biais de la pratique théâtrale. Ces ateliers donnés dans la langue d’origine des participants et organisés par la Fédération de l’enseignement national, le ministère de l’Éducation nationale et l’Unesco, se déroulent à la prison de Fresnes et dans des foyers de travailleurs immigrés.

Au cours de sa carrière, Claudia Stavisky réalise des mises en scène dans les théâtres français les plus prestigieux. Elle monte surtout des textes d’auteurs contemporains et audacieux. Déjà en 1988, sa mise en scène de Sarah et le cri de la langouste, de John Murrell, au Théâtre de l’Échappée à Laval, est présentée au Festival d’Avignon et en tournée en France. Sa mise en scène d’Avant la retraite, de Thomas Bernhard, au Théâtre national de la Colline (1990), est très remarquée et tourne en France et en Suisse. Elle met en scène La Chute de l’ange rebelle, de Roland Fichet, au Théâtre de l’Odéon (1991) et Entre chien et loup ou la véritable histoire d’Ah Q., de Christophe Hein, spectacle accueilli par les centres dramatiques nationaux d’Angers, Caen et Besançon (1991). Au Festival d’Avignon de 1993, elle crée Munich–Athènes, de Lars Norén, spectacle repris au Théâtre de La Tempête et en tournée française. L’année suivante, elle crée Nora ou ce qu’il advint quand elle eut quitté son mari et le soutien de la société, d’Elfriede Jelinek, dans un texte français de Louis-Charles Sirjacq, au Théâtre national de la Colline. En 1995, elle crée Mardi, d’Edward Bond, dans une traduction de Jérôme Hankins, au Théâtre national de la Colline, puis en tournée française. En 1996, elle met en scène Comme tu me veux, de Luigi Pirandello, dans un texte français de Jean-Paul Manganaro, présenté à La Coursive, Scène nationale de la Rochelle, puis à Paris et en tournée. Dans le cadre de la série de créations contemporaines Une saga de fin de siècle, organisée par l’association Thécif et la Direction régionale des Services pénitentiaires de Paris, elle crée, en 1997, Le Monte-Plats, de Harold Pinter, à la Maison d’Arrêt de Versailles, et Le Bousier, d’Enzo Cormann. Ces deux spectacles sont joués dans plusieurs prisons et centres de détention de l’Île-de-France avant d’être présentés dans des théâtres associés.

Depuis le début de sa carrière, Claudia Stavisky s’implique dans la formation d’acteurs. À la demande de Marcel Bozonnet, elle dirige un atelier avec les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, sur Les Troyennes, de Sénèque (1994). Cette même année et la suivante, elle organise, à Paris, deux ateliers pour comédiens professionnels, autour de quatre auteurs contemporains : Bernard-Marie Koltès, Thomas Bernhard, Lars Norén et Edward Bond. Entre 1998 et 2000, Claudia Stavisky dirige les élèves de l’École nationale supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) de Lyon, dans Électre, de Sophocle, traduction d’Antoine Vitez, Vêtir ceux qui sont nus, de Pirandello et dans Répétition publique, d’Enzo Cormann.

Elle touche également à l’opéra et au théâtre musical. En 2000, elle monte West Side Story, de Leonard Bernstein, au Théâtre musical du Châtelet. Claudia Stavisky fait également trois mises en scène pour l’Opéra national de Lyon: Le Chapeau de paille de Florence, de Nino Rota (1999), Roméo et Juliette, de Charles Gounod (2001), et Le Barbier de Séville, de Rossini (2001), présenté aussi au Festival Les Nuits de Fourvière de Lyon. En 2000, à ce même festival, elle met en scène Le Songe d’une nuit d’été, de Shakespeare.

Depuis 2000, elle dirige avec Patrick Penot les Célestins-Théâtre de Lyon où elle met en scène La Locandiera, de Carlo Goldoni (2001) ; Minetti, de Thomas Bernhard (2002), présenté au Festival d’Avignon, puis en tournée française ; Cairn, d’Enzo Cormann (2003); Monsieur chasse!, de Georges Feydeau (2004) et La Cuisine, d’Arnold Wesker (2004), spectacle regroupant sur scène vingt-six acteurs et danseurs. En 2005, elle y présente sa propre adaptation de L’Âge d’or, de Georges Feydeau, Louis Varney et Maurice Desvallières, spectacle musical mettant en scène des acteurs, des danseurs et des chanteurs. Elle prépare, pour 2006, Les Variations Goldberg, de George Tabori.

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Décembre 2007