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Mise en scène et Jeu de l'acteur
Entretiens, Tome III
Voix de femmes

Katie Mitchell (Royaume-Uni) : Représenter avec précision le comportement humain

Née en 1964 à Berkshire, au Royaume-Uni, Katie Mitchell fait d’abord des études en littérature anglaise à l’Université d’Oxford, où elle commence à mettre en scène des pièces jouées par des étudiants. À sa sortie, en 1987, elle travaille durant trois ans comme assistante à la mise en scène dans différents théâtres, notamment à la Royal Shakespeare Company. Fascinée par les méthodes de Stanislavski et de Grotowski, et récipiendaire d’une bourse du Winston Churchill Memorial Trust, elle part étudier le théâtre en Europe de l’Est, en 1989. La Russie, la Pologne, la Géorgie et la Lituanie font partie de son périple. Elle y observe le travail de praticiens tels qu’Anatoli Vassiliev, Lev Dodine, Wlodzimierz Staniewski du Centre Gardzienice, Eimuntas Nekros?ius et plusieurs autres. Elle y monte Diarmuid and Graine, projet éducationnel destiné à une tournée dans les campagnes de l’est de la Pologne. De retour au Royaume-Uni, elle fonde sa propre compagnie, Classics on a Shoestring, qui se donne comme objectif de présenter des textes classiques dans une forme novatrice, en intégrant, entre autres, la musique et la danse. À la tête de cette compagnie, elle monte Arden of Faversham, d’un auteur inconnu, Vassa Zheleznova, de Maxime Gorki, Women of Troy, d’Euripide, The House of Bernarda Alba, de Federico García Lorca, et Live Like Pigs, de John Arden.

Présentant d’abord ses spectacles dans des théâtres en marge du milieu institutionnel, Katie Mitchell est aujourd’hui appelée à travailler sur les scènes les plus prestigieuses d’Europe. Elle monte notamment The Last Ones, de Maxime Gorki, dans une traduction de Cathy Porter, à l’Abbey Theatre de Dublin (1993) ; Endgame, de Beckett, au Donmar Warehouse (1996) ; Attempts on her Life, de Martin Crimp, au Piccolo Teatro de Milan (1999) et The Maids, de Jean Genet, dans une traduction de Martin Crimp, au Young Vic Theatre (1999). Parmi ses autres mises en scène, mentionnons The Mysteries, spectacle en deux parties, inspiré de la Bible, que Katie Mitchell écrit en collaboration avec Edward Kemp (1997), et Beckett Shorts, spectacle rassemblant les courtes pièces de Beckett (1997).

Désireuse d’explorer l’humain dans toute sa complexité, Katie Mitchell s’emploie à révéler avec justesse et par un travail de mise en scène minutieux, les sentiments troubles des expériences humaines. Elle privilégie le répertoire tout autant classique que contemporain. À la Royal Shakespeare Company, elle monte The Phoenician Women, d’Euripide, dans une traduction de David Thompson (1996) – spectacle qui lui vaut un Evening Standard Award – et au National Theatre, elle présente The Oresteia (The Home Guard et The Daughters of Darkness), d’Eschyle, dans une version de Ted Hughes (1999) et Iphigenia at Aulis, d’Euripide, dans une traduction de Don Taylor (2004). Parmi les textes contemporains qu’elle met en scène, mentionnons The Country et Face to The Wall, de Martin Crimp (2000 et 2002), Mountain Language/ Ashes To Ashes, de Harold Pinter (2001) – spectacle également présenté dans le cadre du Lincoln Center Festival de New York – et Nightsongs, de Jon Fosse, dans une traduction de Gregory Motton (2002), tous présentés au Royal Court Theatre de Londres.

Tchekhov étant son auteur de prédilection, Katie Mitchell monte, à la Royal Shakespeare Company, Uncle Vanya, dans une traduction de David Lan, coproduit par le Young Vic Theatre (1998) et, au National Theatre, Ivanov, dans une nouvelle version de David Harrower (2002), de même que Three Sisters, dans une nouvelle version de Nicholas Wright (2003). Metteure en scène associée au National Theatre, elle y monte également Rutherford and Son, de Githa Sowerby (1994), The Machine Wreckers, d’Ernst Toller, dans une nouvelle version d’Ashley Dukes (1995).

En 2004, elle présente une nouvelle pièce de Kevin Elyot, Forty Winks, au Royal Court Theatre et, en 2005, A Dream Play, de Strindberg, dans une nouvelle version de Caryl Churchill qui intègre également du matériel textuel issu du travail de Katie Mitchell et des acteurs. Au cours de sa carrière, Katie Mitchell travaille aussi sur des projets pour la télévision et fait des mises en scène d’opéra. Elle assume notamment, en 2003, la mise en scène de Jephtha, opéra de Georg Friedrich Haendel, au Welsh National Opera, et celle, pour la télévision, de The Turn of the Screw, opéra de Benjamin Britten d’après l’oeuvre de Henry James, produit par BBC Wales.

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Décembre 2007