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La culture contre l'art Théâtralité, écriture et mise en scène Theater in France, ten years of research  

Mise en scène et Jeu de l'acteur
Entretiens, Tome III
Voix de femmes

 

Stéphanie Loïk (France) : Être porteur d’une violence intérieure

Née en 1951 et provenant d’une famille de comédiens, Stéphanie Loïk est actrice dès l’âge de seize ans, aux côtés de Michel Hermon, Denis Llorca et Jean-Pierre Vincent, avant d’entreprendre une carrière en mise en scène. En 1982, elle fonde sa propre compagnie, le Théâtre du Labrador, orientée principalement vers la dramaturgie contemporaine. En 1984, elle met en scène deux textes de Philippe Minyana, Le Dîner de Lina, créé au Théâtre de Douai et au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, ainsi qu’Identité minute, dont la création musicale a lieu au Théâtre populaire de Lorraine et la reprise à Paris, deux ans plus tard, à l’Espace Gaîté. En 1986, sa mise en scène de L’Indien cherche le Bronx, d’Israël Horovitz, est présentée au Théâtre de l’Athénée et, en 1987, elle crée Images de Mussolini en hiver, d’Armando Llamas, au Théâtre de la Plaine. L’année suivante, elle porte à la scène Les Racines de la haine, de Niklas Radström, au Théâtre Artistic Athévains, et Déroute, de Fabien Tabard, pour le Festival de Stavelot en Belgique. Cette pièce est reprise au Théâtre royal de l’Étuve à Liège et en tournée. En 1989, elle monte Made in Britain, de David Leland, au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et, en 1990, elle adapte et met en scène Naître coupable, naître victime, de Peter Sichrovsky, au Théâtre de l’Atalante. Ce spectacle est présenté lors d’une tournée nationale en U.R.S.S. avant d’être repris au Théâtre populaire de Lorraine, au Festival du Théâtre français de Sarrebruck en Allemagne, et enfin à Paris, au Théâtre Artistic Athévains. En 1991, elle monte Gauche Uppercut, de Joël Jouanneau à la Rose des Vents de Villeneuve d’Ascq, puis, en reprise, au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers.

De 1992 à 2004, Stéphanie Loïk est directrice du Théâtre populaire de Lorraine – Centre dramatique régional de Thionville. Elle y donne la priorité aux auteurs contemporains, que ce soit dans sa programmation ou dans l’organisation d’événements spéciaux, tels que des mises en lecture publiques de textes inédits. Elle y réalise de nombreuses créations, parmi lesquelles Au but, de Thomas Bernhard (1993), spectacle présenté aussi à Sarrebruck, à Paris et en tournée au Luxembourg et en Belgique, Les Exclus, adaptation de Joël Jouanneau d’après Elfriede Jelinek (1994), Verlaine, l’homme, le poète et sa réalité, d’après Guy Goffette (1996) et Les Bosniaques, de Velibor C?olic´ (1997). Stéphanie Loïk monte également Don Juan revient de guerre, d’Ödön von Horváth, avec des comédiens biélorusses, au Théâtre de Minsk (1994) et à Thionville (1995). Sa mise en scène des Troyennes, d’Euripide, à Thionville (1995), est reprise l’année suivante en tournée régionale et nationale. En 1997 et 1998, à partir d’entrevues avec les citoyens, elle crée et met en scène Un jour Thionville I et II. Ses réalisations au Théâtre populaire de Lorraine comprennent également Europe, de David Greig (1998), repris au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et en tournée nationale et transfrontalière au Luxembourg en 1999, et Mirad, un garçon de Bosnie, de Ad de Bont, spectacle présenté dans les établissements scolaires et les structures de quartier (1999-2001). Durant ses années au sein du Théâtre populaire de Lorraine, elle rassemble une équipe permanente de comédiens avec qui elle offre des ateliers d’enseignement théâtral pour les enfants, les adolescents et les adultes.

Stéphanie Loïk se démarque par son engagement social et par ses choix dramaturgiques et esthétiques qui attirent un public constitué en grande partie de jeunes. Ses plus récentes productions sont Boumkoeur, de Rachid Djaïdani (2003) et deux textes de Lionel Spycher, 9mm (2002) et Pit-Bull (2003). En 2002, elle assume aussi l’adaptation et la mise en scène d’un texte de Tarjei Vesaas, Palais de glace et, en 2004, pour le Théâtre de l’Atalante, elle signe l’adaptation scénique du premier roman de l’auteur Maxence Fermine, Neige, qui marque également son retour au jeu. Seule actrice sur scène, elle est accompagnée du pianiste Jacques Labarrière pour raconter l’histoire d’un adolescent japonais qui désire devenir poète. En 2005, elle met en scène l’histoire d’un autre adolescent, Sozaboy, de Ken Saro-Wiwa, au Théâtre international de langue française de Paris.

En 2000, Stéphanie Loïk est nommée chevalier de l’Ordre national du mérite, en raison de son implication culturelle et sociale dans sa région.

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Décembre 2007