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Substance 98/99 Les chemins de l'acteur Mise en scène et Jeu de l'acteur Dresser un monument à l'éphémère
La culture contre l'art Théâtralité, écriture et mise en scène Theater in France, ten years of research  

Mise en scène et Jeu de l'acteur
Entretiens, Tome III
Voix de femmes

Brigitte Jaques-Wajeman (France) : La lutte contre la barbarie

Née en 1946 en Suisse, Brigitte Jaques-Wajeman travaille en France comme actrice, auteure, metteure en scène et professeure à l’École nationale supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) de 1980 à 1987. De 1969 à 1974, elle reçoit sa formation théâtrale d’Antoine Vitez et joue dans quatre de ses spectacles : La Parade, de Loula Anagnostaki, La Mouette, de Tchekhov, Le Précepteur, de Lenz et Vendredi ou la Vie sauvage, de Michel Tournier. En 1974, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, elle réalise sa première mise en scène en créant, pour la première fois en France, la version intégrale de L’Éveil du printemps, de Frank Wedekind, dans une nouvelle traduction de François Regnault.

En 1976, elle fonde, avec François Regnault, la Compagnie Pandora, qui devient le Théâtre de la Commune-Pandora au Centre dramatique national d’Aubervilliers au moment de sa nomination à la direction de ce Centre en 1991, poste qu’elle occupe jusqu’en 1997. Au Théâtre de la Commune, Brigitte Jaques-Wajeman met de l’avant des programmations où alternent des oeuvres contemporaines et des oeuvres classiques rendues accessibles et actuelles.

En tant qu’auteure, on doit à Brigitte Jaques-Wajeman Entretiens avec Pierre Corneille, écrit en collaboration avec Jacqueline Lichtenstein (1992), ainsi qu’Elvire-Jouvet 40, composé à partir de sept leçons données par Louis Jouvet en 1940 au Conservatoire national d’Art dramatique de Paris. Elle assume elle-même la mise en scène de ce spectacle créé au Théâtre national de Strasbourg, en 1986, repris au Théâtre de l’Athénée à Paris, puis en tournée nationale et internationale. Elle obtient, pour ce spectacle, le prix Arletty, en 1989.

Depuis le début de sa carrière théâtrale, Brigitte Jaques-Wajeman a conçu plus d’une trentaine de mises en scène, dont L’Imposture, de Georges Bernanos (1989), Partage de midi, de Paul Claudel (1990), Angels in America et Perestroïka, de Tony Kushner (1994 et 1996) et Le Prince travesti, de Marivaux (1995). Elle se fait ainsi remarquer sur les plus grandes scènes françaises et européennes. En coproduction avec le Théâtre Vidy-Lausanne, elle met en scène Le Passage, de Véronique Olmi (1998), repris au Théâtre des Abbesses à Paris, en 1999. À la Comédie de Genève, elle met en scène Dom Juan, de Molière (1998), présenté ensuite au Théâtre de l’Odéon à Paris, en 2000. La Comédie de Genève coproduit également sa mise en scène de Hedda Gabler, d’Ibsen, dans une nouvelle traduction de François Regnault, en 2000. Au cours des dernières années, Brigitte Jaques-Wajeman met en scène La Bonne Âme du Setchouan, de Bertolt Brecht, à l’ENSATT (2001), La Marmite, de Plaute, dans une nouvelle traduction de Florence Dupont, à l’Auditorium du Louvre et au Théâtre de La Tempête (2001), Love’s labour’s lost, de Shakespeare, à Kalamazoo, aux États-Unis (2001), Ruy Blas, de Victor Hugo, à la Comédie-Française (2001 et 2003), Viol, de Danièle Sallenave, au Théâtre du Rond-Point (2003) et Le Voyage de Benjamin, de Gérard Wajcman (2003), spectacle pour enfants présenté au festival Odyssées 78 du Centre dramatique national pour l’enfance et la jeunesse de Sartrouville. Elle monte également Pseudolus, le truqueur, de Plaute, pour le Théâtre de La Tempête (2003) et Britannicus, de Racine, pour la Comédie-Française et le Théâtre du Vieux-Colombier (2004).

Ayant le souci de la langue et, particulièrement, de la langue versifiée, Brigitte Jaques-Wajeman s’emploie à révéler la dimension charnelle, sensuelle, des mots. Pierre Corneille étant son auteur de prédilection, elle monte huit de ses textes : Horace (1989), Sophonisbe (1989), La Place royale (1992), La Mort de Pompée (1992), Suréna (1995) et Sertorius (1997). En 2004, elle met en scène L’Illusion comique, à la Comédie de Genève et présente Le Cid en 2005, à la Comédie-Française.

Brigitte Jaques-Wajeman s’intéresse aussi à la mise en scène d’opéra et de théâtre musical. Elle monte Faisons un opéra, de Benjamin Britten, Le Jeu du Narcisse, de Marc-Olivier Dupin, livret de Gérard Wajcman, Aventures, nouvelles aventures, de Ligeti, Huit Chants pour un roi fou, de Maxwell Davies et Je vous dis que je suis mort, de Georges Aperghis, livret de François Regnault.

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Décembre 2007