Mise en scène et Jeu de l'acteur |
|||
|
Jean-Pierre Vincent est né à Paris en 1942. Il entre au lycée Louis-le-Grand en 1959. Il se joint alors au groupe théâtral de l’établissement, groupe qu’il dirige de 1963 à 1965, en compagnie de Patrice Chéreau. C’est là qu’il fait ses premières armes : il y aborde le jeu, puis la mise en scène avec la Cruche cassée de Kleist et Scènes populaires d’Henri Monnier. Le groupe de Louis-le-Grand devient peu à peu professionnel et s’installe à Sartrouville en 1966. Jean-Pierre Vincent y reste jusqu’en 1968. C’est alors qu’il a l’occasion de signer sa première mise en scène au Théâtre de Bourgogne. En même temps, il rencontre Jean Jourdheuil qui collabore ensuite avec lui à titre de dramaturge. Ensemble, ils montent d’abord la Noce chez les petits-bourgeois de Brecht (1968). Le spectacle fait date. Viennent ensuite Tambours et Trompettes du même auteur (1969), les Acteurs de bonne foi d’après Marivaux (1970), le Marquis de Montefosco d’après Goldoni (1970), la Cagnotte d’après Labiche (1971) et Capitaine Schelle, Capitaine Eçço de Rezvani (1971). En 1972, Jean-Pierre Vincent et Jean Jourdheuil fondent le Théâtre de l’Espérance. Politiquement engagée, la nouvelle compagnie puise une bonne part de ses textes dans la dramaturgie allemande et monte, entre autres, Dans la jungle des villes (1972) et la Noce chez les petits-bourgeois (1973) de Brecht, Woyzeck de Büchner (1973), Dom Juan et Faust de Grabbe (1973). En 1975, Jean-Pierre Vincent est nommé directeur général du Théâtre National de Strasbourg. Il amorce son mandat en dirigeant les étudiants de l’École du TNS dans la Mère de Brecht (1975). Au Théâtre National de Strasbourg, il monte notamment Germinal, projet sur un roman d’après Émile Zola (1975), le Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux de Molière (1977), Une livre à vue et Palais de la guérison de Sean O’Casey (1978), Vichy-Fictions : Violences à Vichy de Bernard Chartreux (1980), Palais de Justice (1981) et Dernières Nouvelles de la peste (1983), spectacle qu’il présente la même année au Festival d’Avignon et à Rome. À la fin de son mandat au TNS, Jean-Pierre Vincent réalise, à la Comédie-Française et sur l’invitation de Jacques Toja, la mise en scène des Corbeaux d’Henry Becque (1982). Quelques semaines plus tard, il est nommé administrateur de la Comédie-Française. On lui doit l’entrée au répertoire du Balcon de Genet, dans une mise en scène de Georges Lavaudant, la venue de Klaus-Michaël Grüber pour Bérénice de Racine, celle de Claude Régy pour Ivanov de Tchekhov et celle de Luca Ronconi pour le Marchand de Venise de Shakespeare. En 1986, Jean-Pierre Vincent choisit de se consacrer entièrement à ses activités de metteur en scène et de professeur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. En 1990, il assure la direction du Théâtre Nanterre-Amandiers. Il y crée notamment les Fourberies de Scapin de Molière (Festival d’Avignon, 1990), Princesses de Fatima Gallaire (1991) — ce spectacle lui vaut le prix du Syndicat de la critique pour la meilleure œuvre francophone —, les spectacles du cycle Musset Enfant du siècle : Fantasio et les Caprices de Marianne (1991) / On ne badine pas avec l’amour et Il ne faut jurer de rien (1993), Woyzeck de Buchner (1993), Thyeste de Sénèque (1994), les Noces de Figaro de Mozart (1995), Violences à Vichy de Bernard Chartreux (1995), Tout est bien qui finit bien de Shakespeare (1996), Karl Marx Théâtre Inédit (1997), Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, Le Tartuffe ou L'Imposteur de Molière (1998), Pièces de guerre d'Edward Bond (1999), Homme pour Homme de Brecht, Mitridate, opéra de Mozart au Théâtre du Châtelet et Lorenzaccio de Musset (2000), présenté à Avignon. À la rentrée 2001, Jean-Pierre Vincent monte Le drame de la vie de Valère Novarina et L’Échange de Claudel, avant de quitter Nanterre pour redevenir indépendant. En 2002, il présente Le fou et sa femme, ce soir, dans Pancomedia de Botho Strauss à Avignon et, la même année, il assure la direction musicale de Katherine Barker. Il signe ensuite la mise en scène de Onze débardeurs d’Edward Bond, L’éclipse du 11 août de Bruno Bayen et Les Antilopes de Henning Mankell (2003), Derniers remords avant l’oubli de Jean-Luc Lagarce (2004), La mort de Danton de Georg Büchner (2005), Une orestie d’Eschyle (2006), Le silence des communiste d’après Vittorio Foa, Miriam Mafai et Alfredo Reichlin, pièce présentée à Avignon (2007) et L’école des femmes de Molière (2008).
|
||
| ... Dresser un monument à l'éphémère |
| Retour au haut de la page | Décembre 2007 |