Mise en scène et Jeu de l'acteur |
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IOURI LIOUBIMOV est né à Iaroslave, dans la Russie rurale, en 1917. À l’âge de cinq ans, il s’installe à Moscou avec ses parents. Après des études dans une école technique, il débute en 1936 son apprentissage théâtral à l’Institut du Théâtre Vakhtangov. Mais la Deuxième Guerre mondiale vient interrompre ses études ; il est mobilisé pour la guerre soviéto-finlandaise. Il est toutefois recruté dès 1941 par l’Ensemble de danse et de chant du NKVD. En 1947, il revient au Théâtre Vakhtangov où il amorce une carrière d’acteur qui l’amène à jouer une quarantaine de personnages dont Cyrano de Bergerac, Benedict dans Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, Chris dans Ils étaient tous mes fils de Miller, Treplev dans la Mouette de Tchekhov, Roméo dans Roméo et Juliette de Shakespeare. Simultanément, le cinéma lui offre une vingtaine de rôles qui le rendent très populaire auprès du public. Cependant, à partir du milieu des années cinquante, d’autres activités occupent de plus en plus de place dans sa carrière. De 1956 à 1964, Iouri Lioubimov enseigne la mise en scène à l’Institut du Théâtre Vakhtangov. C’est d’ailleurs à la suite du succès de sa mise en scène de la Bonne Âme de Sé-tchouan de Brecht (1963) avec des élèves de 3e année qu’on lui confie la direction du petit théâtre de la Place Taganka. Il y impose un noyau d’acteurs formés à l’Institut et y monte des pièces telles la Vie de Galilée de Brecht (1966), Tartuffe de Molière (1968), Hamlet de Shakespeare (1971), les Trois Sœurs de Tchekhov (1981). Il y crée aussi de nombreuses adaptations scéniques d’œuvres poétiques et littéraires : Écoutez Maïakovski ! (1967), Vivant d’après B. Mojaev (1968), la Mère de Gorki (1969), Crime et Châtiment d’après Dostoïevski, Mais les aubes ici sont douces d’après B. Vassiliev (1971), l’Échange de Trifonov (1976), le Maître et Marguerite de Boulgakov (1977). Entre 1964 et 1973, les spectacles métaphoriques de Iouri Lioubimov sont couronnés par quatre prix au Printemps théâtral de Moscou, par un Prix d’État et deux prix d’interprétation. Mais malgré ces reconnaissances nationales, il doit sans cesse lutter contre la censure : en vingt ans, une dizaine de ses mises en scène sont interdites en Union soviétique. Parallèlement à cet incessant combat, il voit rapidement croître sa renommée internationale. Dès la fin des années soixante, et malgré certaines difficultés à monter ses pièces, il se rend en Allemagne, à Cuba, en Tchécoslovaquie, en Italie, en France, en Hongrie, en Pologne, en Finlande, en Israël, en Angleterre, aux États-Unis et en Autriche pour présenter ses spectacles, en diriger de nouveaux, mettre en scène des opéras et donner des conférences. En 1976, Iouri Lioubimov reçoit le Grand Prix du BITEF (Hongrie) pour sa mise en scène de Hamlet. Ce spectacle est aussi récipiendaire du Premier Prix aux Secondes Rencontres internationales de Varsovie, et sa mise en scène londonienne de Crime et Châtiment (1983) lui vaut le Prix de la meilleure mise en scène de l’année décerné par le Standard de Londres. Cependant, lors de ce séjour dans la capitale britannique, on lui retire la direction du théâtre Taganka, sa carte du parti communiste et sa nationalité soviétique. Il ne revient à Moscou qu’en 1988 à l’occasion de la première de sa mise en scène de Boris Godounov de Pouchkine. Depuis qu’il a réussi à récupérer son passeport soviétique en 1989, il présente ses spectacles dans son pays natal, tout en ayant choisi de résider en Israël. Parmi ses récentes mises en scène, mentionnons Marat-Sade de Peter Weiss présenté dans le cadre du festival d’Avignon (2000) et Le Château de Kafka (2008).
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| Retour au haut de la page | Décembre 2007 |