Mise en scène et Jeu de l'acteur |
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Jorge Lavelli est né à Buenos Aires. Venu en France à titre de boursier du Fonds national des Arts de l’Argentine, il suit, de 1961 à 1963, les cours de l’école Charles Dullin et Jacques Lecoq à Paris et participe à des spectacles expérimentaux. Au terme de sa formation à l’Université du Théâtre des Nations en 1963, il se présente au Concours national des jeunes compagnies. Il y remporte le Grand Prix pour sa mise en scène du Mariage de Gombrowicz, lequel spectacle introduit en France l’œuvre de l’auteur polonais. Cette même création est présentée l’année suivante au Théâtre Récamier à Paris, puis au Festival de Berlin. Jorge Lavelli fait vite découvrir, en France et en Allemagne, les deux autres pièces de Gombrovicz, Yvonne, princesse de Bourgogne et Opérette. Créateur polyvalent, il signe de nombreuses mises en scène, dont Pique-nique en campagne, l’Architecte et l’Empereur d’Assyrie, Sur le Filet et La tour de Babel d’Arrabal, Jeanne dans sa baignoire, La journée d’une rêveuse, L’homosexuel ou la difficulté de s’exprimer, Les quatre jumelles et La Nuit de Madame Lucienne de Copi, C’était hier de Pinter, les Anabaptistes de Dürrenmatt, Doña Rosita, la soltera de Lorca, L’Échange de Claudel, le Triomphe de la sensibilité de Goethe, Beaucoup de bruit pour rien, le Conte d’hiver, la Tempête et le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, Le concile d’amour de Panizza, Jeux de massacre et Le Roi se meurt de Ionesco, La vie est un songe de Calderòn, la première forme de théâtre musical en France, Orden de Pierre Bourgeade et Girolamo Arrigo. À partir de 1975, il se consacre également à la mise en scène de nombreux opéras, privilégiant, là aussi, la création et abordant, bien sûr, le répertoire : Madalena et Yvan le terrible de Prokofiev, Au grand soleil d’amour chargé de Luigi Nono, Le retour de Casanova de Girolamo Arrigo, Béranger 1er d’Heinrich Sutermeister, La Célestine de Maurice Ohana (1988), La star de Sigmunt Krauze (1989), Idomeneo (1975), les Noces de Figaro (1979), La clémence de Titus (1986), La flûte enchantée (1989) et L’enlèvement au sérail (1990) de Mozart, Faust de Gounod (1975-76-84-88-92-96-2001), Œdipus Rex de Stravinski (1981), Orphée aux enfers d’Offenbach (1984), Salomé de Strauss (1986), L’affaire Makropoulos de Janàcek (1986). Les mises en scène de Babel 46 de Xavier Montsalvage, Il ré pastore de Mozart et Medea de Liebermann figurent au programme des prochaines années. En 1987, nommé directeur du Théâtre National de la Colline à Paris, Jorge Lavelli consacre ce dernier à la création et à la découverte des dramaturges du vingtième siècle. Il y monte, entre autres, le Public de Garcia Lorca, Une visite inopportune de Copi, Réveille-toi Philadelphie de Billetdoux, La veillée de Lars Noren, Greek, Kvetch et Décadence de Berkoff, la Nonna de Cossa, Heldenplatz de Bernhard, Les comédies barbares de Valle-Inclàn, Macbett de Ionesco, Mein Kampf, farse de Tabori, Maison d’arrêt de Bond, Les journalistes de Schnitzler, L’amour en Crimée de Mrozek, Arloc de Kribus, Slaves de Kushner (1996), Molly S.de Brian Freil (1997). Depuis son départ de la Colline en 1996, il fait des mises en scène en France et à l’étranger, au théâtre comme à l’opéra : Six personnages en quête d'auteur de Pirandello (TNP. Villeurbanne, Paris 1997; Buenos Aires 1998), Die lustige Witwe de Lehàr (Opéra de Paris 1998, 1999), Mère Courage et ses enfants de Brecht (Comédie française 1998), Pelléas et Mélisande de Debussy (Teatro Colòn, Buenos Aires 1999), L’ombré de Venceslao de Copi (Théâtre de la Tempête, Paris 1999), Mein Kampf, farsa de Tabori (Teatro General San Martìn, Buenos Aires 2000), Cecilia de Charles Chaynes (Opéra de Monte-Carlo, Opéra de Nancy 2000; Opéra royal de Wallonie, Liège 2001), Siroe ré di Persia (Gran teatro la Fenice, Scuola Grande di San Giovanni Evangelista, Venise 2000-2001), Ariodante de Haendel (Opéra de Paris 2001), Faust de Charles Gounod (Bastille 2001), L’ombre de Venceslao de Copi (Théâtre du Rond-point 2001), Le désarroi de Monsieur Peters d’Arthur Miller (Théâtre de l’Atelier 2002), Medea de Rolf Liebermann (Opéra de Paris 2002), Babel 46 de Xavier Montsalvatge et L’éléphant et les sortilèges de Ravel (Opéra Real de Madrid 2002), Le Vaisseau Fantôme de Wagner (Teatro di San Carlo de Naples 2003), Homebody/ Kabul de Tony Kushner (Théâtre national du Luxembourg et à la Comédie Française 2003), Siroe de Haendel (B.A.M. de New York 2004), La Hija del aire de Calderon (Teatro General San Martin de Buenos Aires 2004), Cecilia de Charles Chaynes (Théâtre-Opéra d’Avignon 2005), Merlin ou la terre dévastée de Tankred Dorst (Festival Les nuits de Fourvière 2005), Rey Lear de Shakespeare (Teatro General San Martin de Buenos Aires 2006) ainsi que Chemin du ciel (Himmelweg) de Juan Mavorga (Théâtre de la Tempête 2007). Jorge Lavelli reçoit de nombreux prix prestigieux. Pour Jeux de massacre, en 1970, le Prix de la Critique lui est attribué pour le meilleur spectacle de l’année. Le Roi se meurt lui vaut, six ans plus tard, le Prix de la Critique et le Prix Dominique de la mise en scène. En 1980, pour Doña Rosita, la soltera , il obtient le Prix de la Critique espagnole pour le meilleur spectacle de l’année et celui de la Critique italienne pour le meilleur spectacle étranger. En 1988, pour Une visite inopportune, le prix de la meilleure création d’une pièce française lui est attribué par le Syndicat de la Critique. En 1990, sa mise en scène de Greek est saluée par le Molière du meilleur spectacle des théâtres subventionnés. Élu président, l’année suivante, du Centre français de l’Institut international du Théâtre, rattaché à l’UNESCO, Jorge Lavelli est fait Chevalier de l’Ordre national du Mérite en 1992 et nommé commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres (1993). La même année, il reçoit le Prix du Brigadier pour sa mise en scène de Macbett. En 1994, lui est décerné le titre de Chevalier de la Légion d’Honneur et en 1996, le Grand Prix des Arts de la scène de la Ville de Paris, pour l’ensemble de son œuvre. En 1999, il reçoit le Prix ACE à Buenos Aires pour Six personnages en quête d’auteur et, l’année suivante, le même prix pour Mein Kampf, farsa. Le 18 avril 2002 il est nommé Officier de l'Ordre national du Mérite en France.
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